Fiche du témoin

Maurice Garet
Maurice GARET a embarqué comme novice sur le Pingouin à Saint Malo, le 16 février 1952. Il a fait des campagnes de pêche à Terre-Neuve et est devenu patron de pêche pour les armements rochelais. Il a terminé sa carrière comme patron de la Drague TD6.
- Bateaux au mois, bateaux à la part
- Canarons verts au poivre gris
- Cap d'Aunis, la relève de TD6
- Cargos dans la brume
- De mousse à Terre-neuve à patron au dragage
- Des choux et des cirés
- Honneur aux femmes, conversation entre Lionel Salamanca, James Pain et Maurice Garet
- La godaille, une conversation entre James Pain, Maurice Garet et Lionel Salamanca
- Les gants, c'est pour les gonzesses !
- Lutte sans fin contre l'envasement
- Maurice, vous êtes en train de détruire la daurade…
- Nostalgie du bassin des Chalutiers
- Pêcheur de père en fils ?
- Quand j'étais patron de TD6
- Renaissance de la drague
- Roger, je crois que vous avez oublié la pince !
- Un travail archaïque
- « Ah ! C'qu'on s'emmerde ici ! »
Maurice, vous êtes en train de détruire la daurade…
Il y a eu de la surpêche. Je vais vous raconter le coup de la daurade rose qu'on pêchait. Je vous parle de ça, il y a trente ans. Il fallait voir les tonnes de daurade qu'on pouvait ramener dans les années 79 ou 80. Je me rappelle quand nous pêchions dans les fonds de Ouessant…On pouvait faire 15 tonnes de daurades dans la journée. Il y avait un bateau de Boulogne qui pêchait au pélagique : tous les jours, il était à Douarnenez avec 30 tonnes de daurades.
Un jour, on est arrivé à la criée avec des tonnes de daurades. Il y avait là un Monsieur de IFREMER et il m'a dit : « Maurice, vous êtes en train de détruire la daurade. Elle ne peut se reproduire qu'à partir de sept ans, et celles que vous avez pêchées ont trois ans. » On l'a écouté et on n'en a plus pêché …mais c'était trop tard. On avait pêché dans la frayère. Et si vous passiez, comme nous, les patrons, le lendemain matin ou le jour de la vente, dans le bureau de l'armement, on vous disait : « vous avez fait vingt-cinq tonnes, le prochain coup, il faudrait peut-être en ramener trente ou trente cinq… Oui, c'est que la pression était là. Il y a une quarantaine d'années à La Rochelle, la moindre vente à la criée c'était dans les cent dix, cent vingt tonnes par jour. Quand on n'avait pas le DECCA, c'était à nos risques et périls mais avec les appareils de navigation, les traceurs de route, cela nous a facilité la tâche ! Il y avait des belles épaves qui avaient été coulées pendant la guerre. Quand on les avait repérées, on les pointait au radar et on pêchait à toucher. En un quart d'heure, y'avait quand même 11 tonnes de lieu jaune…On allait les chercher là où il fallait pas, ben oui ! C'était plus fort que nous ! C'était l'appât du gain !